Aménager un lieu d'habitation pour le rendre adapté aux besoins d'une personne atteinte de démence peut aider à minimiser les accidents et à maximiser le mieux-être. Cela peut contribuer à rendre la tranquillité d'esprit et à réduire le stress des aidants à domicile ou distants.
Agir avant le déclenchement d'une crise. Dans l'effort déployé pour sécuriser les lieux, il convient de prendre des mesures préventives plutôt que de se bousculer pour résoudre une crise immédiate. Les options pourront alors être soupesées attentivement. La difficulté consiste à concilier la sécurité avec le désir de garder les sujets atteints de démence aussi fonctionnels que possible contre les risques posés par leur déclin cognitif, ce qui peut inclure un manque de jugement, des difficultés de perception spatiale et l'incapacité de réagir de façon appropriée. L'observation des habitudes de comportement et des mouvements de la personne dans son milieu de vie, le décodage des signaux d'alerte et la lecture des liens de cause à effet peuvent être très révélateurs.
Les professionnels ou les aidants eux-mêmes devraient effectuer des vérifications par paliers successifs, en progressant dans la mise en place des mesures de sécurité à chaque inspection. Établir d'abord ce qui est sûr, puis ce qui encore plus sûr et enfin ce qui donnera toutes les garanties de sécurité.
Savoir ce qui est sûr comporte la détection des principaux dangers et la suppression ou le déplacement de ces obstacles ou objets, tels que des meubles sur lesquels les personnes ont tendance à s'appuyer, des chaises qui se confondent avec les murs de la pièce et des rallonges et des câbles de téléphone courant au sol;
Prendre des dispositions de sécurité accrue signifie trouver les moyens de minimiser les blessures en cas d'accident en remplaçant, par exemple, les tables de verre par des mobiliers aux coins émoussés et en plaçant un tapis en caoutchouc doux au pied du lit en cas de chute;
Rechercher ce qui est plus sûr vise à dégager les accès au maximum pour faciliter les interventions en cas d'urgence en installant, par exemple, un dispositif de surveillance.
Surveiller les facteurs à risque. Puisque les sujets atteints de démence nécessitent un environnement serein et ordonné, il est très important de tenir compte de facteurs comme le bruit, la couleur et l'éclairage. Modifier la cuisine et la salle de bain et prendre des mesures pour prévenir l'errance sont des préoccupations de tout premier ordre. Il faudra, pour ce, porter une attention spéciale à l'éclairage, au mobilier, aux rideaux, aux marches, aux mains courantes et aux divers revêtements de plancher et enlever tout encombrement dangereux du sol, des escaliers, etc. De petits changements peuvent faire souvent une grande différence. Par exemple, la réduction de l'intensité de l'éclairage durant les repas peut favoriser de meilleures habitudes à l'heure du repas, le camouflage d'une porte de sortie par un rideau peut prévenir l'errance; et enlever tout objet encombrant ou meuble non nécessaire peut atténuer le désarroi.
Faire preuve de créativité. Les produits ne doivent pas être pris au pied de la lettre; il y a plutôt lieu de considérer l'état pathologique dans lequel se trouve la personne et d'adapter les produits pour un sentiment de sécurité encore plus marqué, sans jamais n'oublier qu'en présence de cette maladie évolutive ce qui convient un jour peut ne pas fonctionner le lendemain.
Prévoyez des stratégies redondantes pour les situations qui mettent la vie en danger. Par exemple, pour prévenir l'errance, installez sur une porte des serrures multiples à des hauteurs différentes et hors du champ de vision direct, exigeant des habiletés différentes pour pouvoir en venir à bout et complétez le tout par une alarme. Ou, envisagez l'achat d'un système de réponse personnelle qui utilise un pendentif muni d'un bouton d'appel pour alerter un poste de surveillance central et des cordons pour d'autres. Utilisez un système comme pendentif et coupez le cordon des autres. Utilisez un ruban adhésif double face pour installer les boutons de secours aux plinthes dans des points stratégiques. De cette façon, si la personne tombe et ne porte pas le pendentif, elle peut se traîner jusqu'à un bouton d'urgence situé, mettons, à l'entrée ou près de la douche.
Intervenir avec délicatesse. Bien que beaucoup de transformations soient relativement simples, il sera plus difficile de convaincre l'aidant à domicile ou l'être cher de modifier l'environnement familier. Souvent, la réticence peut être ramenée à un sentiment de honte ou au sentiment que beaucoup d'appareils fonctionnels sont disgracieux.
Recherchez des objets et des appareils fonctionnels design qui permettent un fonctionnement autonome tout en préservant le décor et la dignité. Voici l'exemple d'une solution parfaite : les poignées qui donnent à l'individu malade de se lever de la toilette sans l'aide de personne. Les fabricants conçoivent de plus en plus des articles qui n'ont pas l'apparence de produits médicaux et qui tiennent compte du facteur « honte » aussi bien pour les proches aidants que pour les personnes atteintes de démence. Ces articles ont une apparence plus attractive, dans des coloris et des styles décoratifs.
En présentant les éléments posés pour leur sécurité aux personnes atteintes de démence, soyez délicat-e. Puisque la plupart des personnes résistent au changement, les aidants devront aborder le sujet à différentes occasions et suggérer sans brusquer. Essayez également d'associer au processus de prise de décision la personne atteinte de démence. Et utilisez les mots qui stimuleront la personne à convenir des mesures de sécurité pour le bien de quelqu'un d'autre, en disant par exemple : « Ce n'est pas pour toi mais pour moi et ne t'inquiète donc pas. » Une autre stratégie efficace consiste à appeler des solutions du nom de cadeaux.